{"id":4006,"date":"2023-12-08T17:44:39","date_gmt":"2023-12-08T16:44:39","guid":{"rendered":"https:\/\/stroteam.com\/?p=4006"},"modified":"2025-04-01T21:12:05","modified_gmt":"2025-04-01T19:12:05","slug":"la-canne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/","title":{"rendered":"La Canne."},"content":{"rendered":"[et_pb_section admin_label=&#8221;section&#8221;]\n\t\t\t[et_pb_row admin_label=&#8221;row&#8221;]\n\t\t\t\t[et_pb_column type=&#8221;4_4&#8243;][et_pb_text admin_label=&#8221;Text&#8221;]\n<h1 class=\"has-text-align-center\">La Canne.<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"has-text-align-center\">2000, par Laurent Stroh<\/h1>\n\n\n\n<h2><strong>PREFACE<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Cette chronique concernant quelques instants de nos vacances de l\u2019\u00e9t\u00e9 2000 en Provence est d\u00e9di\u00e9e tout particuli\u00e8rement \u00e0 Denise, toujours pr\u00e9sente dans nos souvenirs les plus m\u00e9morables et vestale chaleureuse d\u2019un temple familial qui vit encore dans nos c\u0153urs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cette chronique, quelques titres me sont rapidement venus \u00e0 l\u2019esprit. Mais, celui qu\u2019Ang\u00e8le a trouv\u00e9 en une fraction de secondes a balay\u00e9 toutes mes tentatives.<\/p>\n\n\n\n<h2>1- AVANT<\/h2>\n\n\n\n<p>Le soleil explose soudain \u00e0 travers les interstices du volet, me r\u00e9veillant brutalement. Je ratisse de la main sous le lit, pour r\u00e9cup\u00e9rer lunettes et montre. D\u00e9j\u00e0 8h.35 ! Je me pr\u00e9cipite pour pr\u00e9parer le petit d\u00e9jeuner &#8211; seul repas de la journ\u00e9e \u00e0 la fra\u00eeche &#8211; rejoint rapidement par Maryl\u00e8ne et les filles.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e de bains de mer les jours pr\u00e9c\u00e9dents, nous d\u00e9cidons \u00e0 l\u2019unisson de faire l\u2019une des ballades dites des \u00ab villages perch\u00e9s \u00bb recommand\u00e9e par le journal local \u00ab Var-Matin \u00bb. Pr\u00eats trop tardivement pour effectuer le circuit du Haut Var nous ciblons un classique familial : Le Castellet \/ Le Beausset \/ Evenos \/ Le Revest.<\/p>\n\n\n\n<p>Une longue marche dans les ruines d\u2019Evenos excite l\u2019imagination d\u2019Ang\u00e8le et d\u2019Am\u00e9lie qui voient surgir derri\u00e8re chaque pierre sorciers, dragons, soldats du Moyen-Age. Pragmatiques, sous une canicule naissante, nous nous arr\u00eatons au Revest-les-Eaux pour un repas pantagru\u00e9lique sous une vigne-tonnelle \u00e0 la taille surprenante. Au retour &#8211; Am\u00e9lie ayant autant de facult\u00e9 \u00e0 vomir qu\u2019elle en a \u00e0 ne pas manger &#8211; nous \u00e9vitons le Col de la Garde et revenons astucieusement par la route des 4 Chemins pour ne pas passer par le centre de Toulon.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour information, le tunnel Marseille &#8211; Nice n\u2019est toujours pas termin\u00e9. Un camion est venu s\u2019encastrer et br\u00fbler dans le tunnel de d\u00e9gagement situ\u00e9 sous le stade Mayol, augmentant ainsi le bordel \u00ab circulatoire \u00bb. Toulon restera longtemps la HONTE de la C\u00f4te d\u2019Azur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019analyse du plan Michelin par Maryl\u00e8ne fait appara\u00eetre que la logique nous imposerait de passer par Ollioules pour rentrer \u00e0 Bandol\u2026<br><\/p>\n\n\n\n<h2>2- LA DECISION<\/h2>\n\n\n\n<p>Le volant est plus lourd dans mes mains. J\u2019ai brutalement l\u2019impression d\u2019avoir une boule dans la gorge.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Laurent:<\/em> \u00ab Le plus court chemin passe-t-il vraiment par Ollioules \u00bb.<br><em>Maryl\u00e8ne: <\/em>\u00ab Oui, Oui. \u00bb<br><em>Laurent: <\/em>\u00ab Alors, on va monter aux C\u00f4tes du Plan. \u00bb<br><em>Maryl\u00e8ne:<\/em> \u00ab Profitons-en pour r\u00e9cup\u00e9rer la caisse de livres laiss\u00e9e par Georges chez les voisins \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A nouveau, la boule dans la gorge. Je n\u2019ai pas envie d\u2019aller aux C\u00f4tes du Plan, maintenant, au d\u00e9but des vacances &#8211; pas envie ne serait-ce que d\u2019entrevoir la MAISON vendue &#8211; pas envie de penser \u00e0 \u00e7a !<\/p>\n\n\n\n<p><em>Laurent: <\/em>\u00ab Mais nous ne leur avons pas t\u00e9l\u00e9phon\u00e9! On ne peut pas d\u00e9barquer comme \u00e7a ! \u00bb<br><em>Maryl\u00e8ne: <\/em>\u00ab Georges ne nous a pas laiss\u00e9 leur num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone\u2026 Tentons tout de m\u00eame le coup ! \u00bb<br><em>Laurent:<\/em> \u00ab Bon, on verra bien. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je regrette d\u00e9j\u00e0 cette r\u00e9ponse typiquement Strohienne. Il fait trop chaud, on va perdre du temps inutilement. Nous traversons Ollioules en direction de Sanary lorsque Ang\u00e8le se m\u00eale \u00e0 la discussion.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ang\u00e8le: <\/em>\u00ab Oh! oui, papa, je veux voir une derni\u00e8re fois la MAISON de grand-p\u00e8re \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec son sens instinctif de la n\u00e9gociation elle explique \u00e0 Am\u00e9lie, \u00e2g\u00e9e de 3 ans, que c\u2019est la derni\u00e8re fois\u2026 Cela conduit Am\u00e9lie au leitmotiv suivant:<\/p>\n\n\n\n<p><em>Am\u00e9lie: <\/em>\u00ab Oui, papa je veux voir grand-p\u00e8re tout de suite !! tout de suite !! \u00bb<br><em>Maryl\u00e8ne:<\/em> \u00ab Mais il est en Ard\u00e8che !! \u00bb<br><em>Ang\u00e8le:<\/em> \u00ab On peut au moins aller voir la MAISON !! \u00bb<br><em>Laurent: \u00ab<\/em> On ne pourra pas la voir et si on y va, c\u2019est uniquement pour une caisse de livres ! Alors, arr\u00eatez \u00e7a !! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On arrive dans le dernier tournant avant les C\u00f4tes du Plan. J\u2019ai pris la d\u00e9cision de ne pas monter. On aura bien le temps plus tard\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et pourtant, comme dans un cauchemar, la voiture se retrouve sur le chemin de la MAISON.<\/p>\n\n\n\n<h2>3- LE CHOC<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce banal chemin me semble extraordinairement attachant. Je remarque, \u00e9mu, que le premier tournant, encore dangereux pour les suspensions l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, est maintenant goudronn\u00e9. C\u2019est un plaisir &#8211; d\u00e9sormais interdit pour nous &#8211; de gravir ce chemin jusqu\u2019\u00e0 la MAISON ! ! !<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s. Il est 15 heures. J\u2019ouvre la porti\u00e8re de la voiture. Le chant des cigales est parfait, la chaleur forte sans \u00eatre excessive. Je reconnais presque g\u00e9n\u00e9tiquement l\u2019atmosph\u00e8re du lieu. Je touche des pieds la terre du chemin sur lequel 40 ann\u00e9es de parties de p\u00e9tanques familiales ont eu lieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde l\u2019escalier qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve vers la MAISON. Une sueur glac\u00e9e m\u2019envahit. Un panneau \u00ab SPECIALISTE DEMOLITION &amp; PISCINES \u00bb me saisit \u00e0 la gorge. L\u2019absence de l\u2019arbre au bas de l\u2019escalier balafre le paysage qui m\u2019\u00e9tait si familier.<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u00e8ve la t\u00eate vers la MAISON. J\u2019entends, comme venant de tr\u00e8s loin, les exclamations d\u2019horreur de Maryl\u00e8ne et des filles. Un sinistre \u00e9vacuateur de chantier jaune nous domine et pend de la MAISON comme la trompe d\u2019un \u00e9l\u00e9phant mort. De ce lugubre toboggan j\u2019ai l\u2019impression de voir tomber parmi les gravats les personnages embl\u00e9matiques de mes souvenirs d\u2019enfance :<\/p>\n\n\n\n<p>Un cri m\u2019arrache \u00e0 cette funeste vision.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Le grand-p\u00e8re, coiff\u00e9 d\u2019un chapeau de paille, frappant des assiettes Arcopal sur le bord de l\u2019\u00e9vacuateur et hurlant de cette chute indigne.<br>\u2022 La grand-m\u00e8re, la t\u00eate ceinte d\u2019un bandeau blanc, tenant un paquet de lentilles d\u2019une main, agripp\u00e9e \u00e0 sa canne de l\u2019autre et chantonnant malgr\u00e9 la chute.<br>\u2022 La tante Denise, juch\u00e9e sur son antique bicyclette, un panier rempli de tomates et de pots de confiture de citrons \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, le journal \u00ab Le Monde \u00bb \u00e0 la main, argumentant avec force contre cette chute.<br>\u2022 L\u2019oncle David, souriant, chauss\u00e9 d\u2019espadrilles mais impeccablement v\u00eatu d\u2019une chemise blanche \u00e0 manches longues, un verre de vin ros\u00e9 dans une main, une calculatrice scientifique dans l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Maryl\u00e8ne <\/em>: \u00ab Et si on montait ? La MAISON semble vide et les travaux arr\u00eat\u00e9s. \u00bb<br><em>Ang\u00e8le et Am\u00e9lie <\/em>: \u00ab Oh ! oui, oh ! oui, on y va !\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 mon manque d\u2019enthousiasme, nous prenons la direction de l\u2019escalier.<\/p>\n\n\n\n<h2>4- LA CANNE<\/h2>\n\n\n\n<p>Je passe le premier, press\u00e9 de sortir de ce cauchemar. Nous arrivons sur la terrasse le c\u0153ur battant. Pendant quelques secondes j\u2019ai l\u2019impression que rien n\u2019a chang\u00e9. Le nouveau propri\u00e9taire a pos\u00e9 une piscine en plastique grotesque \u00e0 droite de la porte d\u2019entr\u00e9e. Une poussette humanise un peu l\u2019aspect de d\u00e9solation de l\u2019ensemble. Les portes sont ferm\u00e9es. Par les fen\u00eatres b\u00e9antes le spectacle est effrayant. Tout est en cours de d\u00e9molition \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Seuls, peut-\u00eatre, les murs ext\u00e9rieurs survivront.<\/p>\n\n\n\n<p>Maryl\u00e8ne d\u00e9cide de faire un tour rapide de la MAISON pour mesurer l\u2019\u00e9tendue des d\u00e9g\u00e2ts. Vid\u00e9, je n\u2019en ai absolument pas envie et, pourtant je suis le mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p>En explorant la restanque, des objets insignifiants charg\u00e9s de souvenirs et abandonn\u00e9s aux corbeaux nous sautent au visage :<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Maryl\u00e8ne rep\u00e8re la bassine noire sous la pompe de la citerne, retrouve avec \u00e9motion le petit panier de pinces \u00e0 linge sous le figuier.<br>\u2022 Ang\u00e8le brandit la nappe sur laquelle elle a si souvent mang\u00e9 \u00e0 Ollioules.<br>\u2022 Am\u00e9lie, interloqu\u00e9e, au milieu des gravats, suce son pouce\u2026Elle demande inlassablement : \u00ab O\u00f9 est grand-p\u00e8re ?, On va \u00e0 la balan\u00e7oire ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et soudain, en m\u00eame temps qu\u2019Ang\u00e8le, j\u2019aper\u00e7ois \u2013 accroch\u00e9e \u00e0 une branche de l\u2019olivier de la terrasse \u2013 la CANNE de la grand-m\u00e8re au pommeau si large que la grand-m\u00e8re pouvait s\u2019y appuyer des deux mains, faite d\u2019un bois clair, une petite rondelle de caoutchouc noir \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9. Je la reconna\u00eetrais entre mille !. Les yeux me piquent de fureur et d\u2019\u00e9motion et je pense (injustement et sous le coup de la col\u00e8re) que la famille n\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment pas \u00e0 la hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la restanque, la CANNE, seule, semble vivante. Charg\u00e9e d\u2019une force int\u00e9rieure elle maintient debout l\u2019olivier, la MAISON et m\u00eame la colline.<\/p>\n\n\n\n<p>Voyant mon trouble, Ang\u00e8le m\u2019explique que cette canne doit appartenir au nouveau propri\u00e9taire et ne peut avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par la famille car, me dit-elle :<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ang\u00e8le : <\/em>\u00ab La CANNE de ta grand-m\u00e8re va servir \u00e0 mon grand-p\u00e8re quand il sera vieux. \u00bb<br><em>Laurent :<\/em> \u00ab Mais il est trop grand pour pouvoir l\u2019utiliser ! \u00bb<br><em>Ang\u00e8le : <\/em>\u00ab De toute fa\u00e7on c\u2019est un beau souvenir. Non, papa, ne t\u2019inqui\u00e8te pas, c\u2019est s\u00fbr, \u00e7a ne peut pas \u00eatre la CANNE de ta grand-m\u00e8re ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons continu\u00e9 la procession fun\u00e8bre autour de la MAISON errant dans les restanques. Le terrain est clairsem\u00e9 de petits panneaux num\u00e9rot\u00e9s en plastique jaune tels des croix sur les tombes de nos souvenirs d\u2019enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de quitter \u00e0 jamais ce lieu d\u00e9j\u00e0 physiquement an\u00e9anti, Ang\u00e8le vole deux figues \u00e0 ce grand figuier qui nous a tant r\u00e9gal\u00e9s enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un dernier regard sur la MAISON et sur la CANNE qui semble l\u2019emp\u00eacher de s\u2019\u00e9crouler nous sommes partis presque en courant vers la voiture, la lumi\u00e8re et les vacances.<\/p>\n\n\n\n<h2>5- LE RETOUR<\/h2>\n\n\n\n<p>En descendant le chemin des C\u00f4tes du Plan, vers 15h20, au frais dans la voiture climatis\u00e9e, les filles ont lanc\u00e9 un ultime d\u00e9bat sur la MAISON qui allait durer jusqu&#8217;\u00e0 la nuit tomb\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Am\u00e9lie <\/em>est inqui\u00e8te pour son grand-p\u00e8re : \u00ab C\u2019est triste. Grand-p\u00e8re n\u2019a plus de maison. Il n\u2019a plus que celle de Pau. Quand est-ce qu\u2019on verra grand-p\u00e8re ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ang\u00e8le<\/em>, elle, est indign\u00e9e : \u00ab On ne verra plus jamais la maison ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Laurent <\/em>: \u00ab Tu pourras l\u2019acheter quand tu seras grande ! \u00bb<br><em>Ang\u00e8le <\/em>: \u00ab Mais, papa, c\u2019est trop tard ! Elle sera toute d\u00e9form\u00e9e ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Plus tard dans la soir\u00e9e, apr\u00e8s que cette visite \u00e0 la MAISON ait m\u00fbri dans leur t\u00eate et dans leur c\u0153ur, les filles ont ajout\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ang\u00e8le <\/em>: \u00ab Grand-p\u00e8re et Denise doivent \u00eatre tristes. \u00bb<br><em>Am\u00e9lie <\/em>: \u00ab On va f\u00e2cher<strong>*<\/strong> grand-p\u00e8re, mais il est quand m\u00eame gentil. Je veux aller chez grand-p\u00e8re \u00e0 Pau. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>*<\/strong>dans le langage d\u2019Am\u00e9lie, le mot \u00ab f\u00e2cher \u00bb veut dire \u00ab gronder \u00bb.<br><\/p>\n\n\n\n<h2>6- CONCLUSION<\/h2>\n\n\n\n<p>Le soir, de retour \u00e0 Bandol, nous avons partag\u00e9 les deux figues vol\u00e9es \u2013 les meilleures du monde d\u2019un commun accord \u2013 et d\u00e9cid\u00e9 de tirer un trait d\u00e9finitif sur cette journ\u00e9e particuli\u00e8re du Mardi 8 Ao\u00fbt 2000 en \u00e9crivant la pr\u00e9sente chronique.<em><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Laurent STROH , le 02\/09\/2000 <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n[\/et_pb_text][\/et_pb_column]\n\t\t\t[\/et_pb_row]\n\t\t[\/et_pb_section]","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Canne. 2000, par Laurent Stroh PREFACE Cette chronique concernant quelques instants de nos vacances de l\u2019\u00e9t\u00e9 2000 en Provence est d\u00e9di\u00e9e tout particuli\u00e8rement \u00e0 Denise, toujours pr\u00e9sente dans nos souvenirs les plus m\u00e9morables et vestale chaleureuse d\u2019un temple familial qui vit encore dans nos c\u0153urs. Pour cette chronique, quelques titres me sont rapidement venus [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":4009,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"<!-- wp:heading {\"textAlign\":\"center\",\"level\":1} -->\n<h1 class=\"has-text-align-center\">La Canne.<\/h1>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:heading {\"textAlign\":\"center\",\"level\":1} -->\n<h1 class=\"has-text-align-center\">2000, par Laurent Stroh<\/h1>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2><strong>PREFACE<\/strong><\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Cette chronique concernant quelques instants de nos vacances de l\u2019\u00e9t\u00e9 2000 en Provence est d\u00e9di\u00e9e tout particuli\u00e8rement \u00e0 Denise, toujours pr\u00e9sente dans nos souvenirs les plus m\u00e9morables et vestale chaleureuse d\u2019un temple familial qui vit encore dans nos c\u0153urs.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Pour cette chronique, quelques titres me sont rapidement venus \u00e0 l\u2019esprit. Mais, celui qu\u2019Ang\u00e8le a trouv\u00e9 en une fraction de secondes a balay\u00e9 toutes mes tentatives.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2>1- AVANT<\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le soleil explose soudain \u00e0 travers les interstices du volet, me r\u00e9veillant brutalement. Je ratisse de la main sous le lit, pour r\u00e9cup\u00e9rer lunettes et montre. D\u00e9j\u00e0 8h.35 ! Je me pr\u00e9cipite pour pr\u00e9parer le petit d\u00e9jeuner - seul repas de la journ\u00e9e \u00e0 la fra\u00eeche - rejoint rapidement par Maryl\u00e8ne et les filles.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Apr\u00e8s une fr\u00e9quence \u00e9lev\u00e9e de bains de mer les jours pr\u00e9c\u00e9dents, nous d\u00e9cidons \u00e0 l\u2019unisson de faire l\u2019une des ballades dites des \u00ab villages perch\u00e9s \u00bb recommand\u00e9e par le journal local \u00ab Var-Matin \u00bb. Pr\u00eats trop tardivement pour effectuer le circuit du Haut Var nous ciblons un classique familial : Le Castellet \/ Le Beausset \/ Evenos \/ Le Revest.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Une longue marche dans les ruines d\u2019Evenos excite l\u2019imagination d\u2019Ang\u00e8le et d\u2019Am\u00e9lie qui voient surgir derri\u00e8re chaque pierre sorciers, dragons, soldats du Moyen-Age. Pragmatiques, sous une canicule naissante, nous nous arr\u00eatons au Revest-les-Eaux pour un repas pantagru\u00e9lique sous une vigne-tonnelle \u00e0 la taille surprenante. Au retour - Am\u00e9lie ayant autant de facult\u00e9 \u00e0 vomir qu\u2019elle en a \u00e0 ne pas manger - nous \u00e9vitons le Col de la Garde et revenons astucieusement par la route des 4 Chemins pour ne pas passer par le centre de Toulon.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Pour information, le tunnel Marseille - Nice n\u2019est toujours pas termin\u00e9. Un camion est venu s\u2019encastrer et br\u00fbler dans le tunnel de d\u00e9gagement situ\u00e9 sous le stade Mayol, augmentant ainsi le bordel \u00ab circulatoire \u00bb. Toulon restera longtemps la HONTE de la C\u00f4te d\u2019Azur.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>L\u2019analyse du plan Michelin par Maryl\u00e8ne fait appara\u00eetre que la logique nous imposerait de passer par Ollioules pour rentrer \u00e0 Bandol\u2026<br><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2>2- LA DECISION<\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le volant est plus lourd dans mes mains. J\u2019ai brutalement l\u2019impression d\u2019avoir une boule dans la gorge.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Laurent:<\/em> \u00ab Le plus court chemin passe-t-il vraiment par Ollioules \u00bb.<br><em>Maryl\u00e8ne: <\/em>\u00ab Oui, Oui. \u00bb<br><em>Laurent: <\/em>\u00ab Alors, on va monter aux C\u00f4tes du Plan. \u00bb<br><em>Maryl\u00e8ne:<\/em> \u00ab Profitons-en pour r\u00e9cup\u00e9rer la caisse de livres laiss\u00e9e par Georges chez les voisins \u00bb.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>A nouveau, la boule dans la gorge. Je n\u2019ai pas envie d\u2019aller aux C\u00f4tes du Plan, maintenant, au d\u00e9but des vacances - pas envie ne serait-ce que d\u2019entrevoir la MAISON vendue - pas envie de penser \u00e0 \u00e7a !<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Laurent: <\/em>\u00ab Mais nous ne leur avons pas t\u00e9l\u00e9phon\u00e9! On ne peut pas d\u00e9barquer comme \u00e7a ! \u00bb<br><em>Maryl\u00e8ne: <\/em>\u00ab Georges ne nous a pas laiss\u00e9 leur num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone\u2026 Tentons tout de m\u00eame le coup ! \u00bb<br><em>Laurent:<\/em> \u00ab Bon, on verra bien. \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Je regrette d\u00e9j\u00e0 cette r\u00e9ponse typiquement Strohienne. Il fait trop chaud, on va perdre du temps inutilement. Nous traversons Ollioules en direction de Sanary lorsque Ang\u00e8le se m\u00eale \u00e0 la discussion.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Ang\u00e8le: <\/em>\u00ab Oh! oui, papa, je veux voir une derni\u00e8re fois la MAISON de grand-p\u00e8re \u00bb.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Avec son sens instinctif de la n\u00e9gociation elle explique \u00e0 Am\u00e9lie, \u00e2g\u00e9e de 3 ans, que c\u2019est la derni\u00e8re fois\u2026 Cela conduit Am\u00e9lie au leitmotiv suivant:<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Am\u00e9lie: <\/em>\u00ab Oui, papa je veux voir grand-p\u00e8re tout de suite !! tout de suite !! \u00bb<br><em>Maryl\u00e8ne:<\/em> \u00ab Mais il est en Ard\u00e8che !! \u00bb<br><em>Ang\u00e8le:<\/em> \u00ab On peut au moins aller voir la MAISON !! \u00bb<br><em>Laurent: \u00ab<\/em> On ne pourra pas la voir et si on y va, c\u2019est uniquement pour une caisse de livres ! Alors, arr\u00eatez \u00e7a !! \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>On arrive dans le dernier tournant avant les C\u00f4tes du Plan. J\u2019ai pris la d\u00e9cision de ne pas monter. On aura bien le temps plus tard\u2026<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Et pourtant, comme dans un cauchemar, la voiture se retrouve sur le chemin de la MAISON.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2>3- LE CHOC<\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Ce banal chemin me semble extraordinairement attachant. Je remarque, \u00e9mu, que le premier tournant, encore dangereux pour les suspensions l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, est maintenant goudronn\u00e9. C\u2019est un plaisir - d\u00e9sormais interdit pour nous - de gravir ce chemin jusqu\u2019\u00e0 la MAISON ! ! !<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Nous sommes arriv\u00e9s. Il est 15 heures. J\u2019ouvre la porti\u00e8re de la voiture. Le chant des cigales est parfait, la chaleur forte sans \u00eatre excessive. Je reconnais presque g\u00e9n\u00e9tiquement l\u2019atmosph\u00e8re du lieu. Je touche des pieds la terre du chemin sur lequel 40 ann\u00e9es de parties de p\u00e9tanques familiales ont eu lieu.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Je regarde l\u2019escalier qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve vers la MAISON. Une sueur glac\u00e9e m\u2019envahit. Un panneau \u00ab SPECIALISTE DEMOLITION &amp; PISCINES \u00bb me saisit \u00e0 la gorge. L\u2019absence de l\u2019arbre au bas de l\u2019escalier balafre le paysage qui m\u2019\u00e9tait si familier.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Je l\u00e8ve la t\u00eate vers la MAISON. J\u2019entends, comme venant de tr\u00e8s loin, les exclamations d\u2019horreur de Maryl\u00e8ne et des filles. Un sinistre \u00e9vacuateur de chantier jaune nous domine et pend de la MAISON comme la trompe d\u2019un \u00e9l\u00e9phant mort. De ce lugubre toboggan j\u2019ai l\u2019impression de voir tomber parmi les gravats les personnages embl\u00e9matiques de mes souvenirs d\u2019enfance :<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Un cri m\u2019arrache \u00e0 cette funeste vision.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2022 Le grand-p\u00e8re, coiff\u00e9 d\u2019un chapeau de paille, frappant des assiettes Arcopal sur le bord de l\u2019\u00e9vacuateur et hurlant de cette chute indigne.<br>\u2022 La grand-m\u00e8re, la t\u00eate ceinte d\u2019un bandeau blanc, tenant un paquet de lentilles d\u2019une main, agripp\u00e9e \u00e0 sa canne de l\u2019autre et chantonnant malgr\u00e9 la chute.<br>\u2022 La tante Denise, juch\u00e9e sur son antique bicyclette, un panier rempli de tomates et de pots de confiture de citrons \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, le journal \u00ab Le Monde \u00bb \u00e0 la main, argumentant avec force contre cette chute.<br>\u2022 L\u2019oncle David, souriant, chauss\u00e9 d\u2019espadrilles mais impeccablement v\u00eatu d\u2019une chemise blanche \u00e0 manches longues, un verre de vin ros\u00e9 dans une main, une calculatrice scientifique dans l\u2019autre.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Maryl\u00e8ne <\/em>: \u00ab Et si on montait ? La MAISON semble vide et les travaux arr\u00eat\u00e9s. \u00bb<br><em>Ang\u00e8le et Am\u00e9lie <\/em>: \u00ab Oh ! oui, oh ! oui, on y va !\u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Malgr\u00e9 mon manque d\u2019enthousiasme, nous prenons la direction de l\u2019escalier.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2>4- LA CANNE<\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Je passe le premier, press\u00e9 de sortir de ce cauchemar. Nous arrivons sur la terrasse le c\u0153ur battant. Pendant quelques secondes j\u2019ai l\u2019impression que rien n\u2019a chang\u00e9. Le nouveau propri\u00e9taire a pos\u00e9 une piscine en plastique grotesque \u00e0 droite de la porte d\u2019entr\u00e9e. Une poussette humanise un peu l\u2019aspect de d\u00e9solation de l\u2019ensemble. Les portes sont ferm\u00e9es. Par les fen\u00eatres b\u00e9antes le spectacle est effrayant. Tout est en cours de d\u00e9molition \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Seuls, peut-\u00eatre, les murs ext\u00e9rieurs survivront.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Maryl\u00e8ne d\u00e9cide de faire un tour rapide de la MAISON pour mesurer l\u2019\u00e9tendue des d\u00e9g\u00e2ts. Vid\u00e9, je n\u2019en ai absolument pas envie et, pourtant je suis le mouvement.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>En explorant la restanque, des objets insignifiants charg\u00e9s de souvenirs et abandonn\u00e9s aux corbeaux nous sautent au visage :<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>\u2022 Maryl\u00e8ne rep\u00e8re la bassine noire sous la pompe de la citerne, retrouve avec \u00e9motion le petit panier de pinces \u00e0 linge sous le figuier.<br>\u2022 Ang\u00e8le brandit la nappe sur laquelle elle a si souvent mang\u00e9 \u00e0 Ollioules.<br>\u2022 Am\u00e9lie, interloqu\u00e9e, au milieu des gravats, suce son pouce\u2026Elle demande inlassablement : \u00ab O\u00f9 est grand-p\u00e8re ?, On va \u00e0 la balan\u00e7oire ! \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Et soudain, en m\u00eame temps qu\u2019Ang\u00e8le, j\u2019aper\u00e7ois \u2013 accroch\u00e9e \u00e0 une branche de l\u2019olivier de la terrasse \u2013 la CANNE de la grand-m\u00e8re au pommeau si large que la grand-m\u00e8re pouvait s\u2019y appuyer des deux mains, faite d\u2019un bois clair, une petite rondelle de caoutchouc noir \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9. Je la reconna\u00eetrais entre mille !. Les yeux me piquent de fureur et d\u2019\u00e9motion et je pense (injustement et sous le coup de la col\u00e8re) que la famille n\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment pas \u00e0 la hauteur.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Sur la restanque, la CANNE, seule, semble vivante. Charg\u00e9e d\u2019une force int\u00e9rieure elle maintient debout l\u2019olivier, la MAISON et m\u00eame la colline.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Voyant mon trouble, Ang\u00e8le m\u2019explique que cette canne doit appartenir au nouveau propri\u00e9taire et ne peut avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par la famille car, me dit-elle :<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Ang\u00e8le : <\/em>\u00ab La CANNE de ta grand-m\u00e8re va servir \u00e0 mon grand-p\u00e8re quand il sera vieux. \u00bb<br><em>Laurent :<\/em> \u00ab Mais il est trop grand pour pouvoir l\u2019utiliser ! \u00bb<br><em>Ang\u00e8le : <\/em>\u00ab De toute fa\u00e7on c\u2019est un beau souvenir. Non, papa, ne t\u2019inqui\u00e8te pas, c\u2019est s\u00fbr, \u00e7a ne peut pas \u00eatre la CANNE de ta grand-m\u00e8re ! \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Nous avons continu\u00e9 la procession fun\u00e8bre autour de la MAISON errant dans les restanques. Le terrain est clairsem\u00e9 de petits panneaux num\u00e9rot\u00e9s en plastique jaune tels des croix sur les tombes de nos souvenirs d\u2019enfance.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Avant de quitter \u00e0 jamais ce lieu d\u00e9j\u00e0 physiquement an\u00e9anti, Ang\u00e8le vole deux figues \u00e0 ce grand figuier qui nous a tant r\u00e9gal\u00e9s enfants.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Apr\u00e8s un dernier regard sur la MAISON et sur la CANNE qui semble l\u2019emp\u00eacher de s\u2019\u00e9crouler nous sommes partis presque en courant vers la voiture, la lumi\u00e8re et les vacances.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2>5- LE RETOUR<\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>En descendant le chemin des C\u00f4tes du Plan, vers 15h20, au frais dans la voiture climatis\u00e9e, les filles ont lanc\u00e9 un ultime d\u00e9bat sur la MAISON qui allait durer jusqu'\u00e0 la nuit tomb\u00e9e.<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Am\u00e9lie <\/em>est inqui\u00e8te pour son grand-p\u00e8re : \u00ab C\u2019est triste. Grand-p\u00e8re n\u2019a plus de maison. Il n\u2019a plus que celle de Pau. Quand est-ce qu\u2019on verra grand-p\u00e8re ? \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Ang\u00e8le<\/em>, elle, est indign\u00e9e : \u00ab On ne verra plus jamais la maison ! \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Laurent <\/em>: \u00ab Tu pourras l\u2019acheter quand tu seras grande ! \u00bb<br><em>Ang\u00e8le <\/em>: \u00ab Mais, papa, c\u2019est trop tard ! Elle sera toute d\u00e9form\u00e9e ! \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Plus tard dans la soir\u00e9e, apr\u00e8s que cette visite \u00e0 la MAISON ait m\u00fbri dans leur t\u00eate et dans leur c\u0153ur, les filles ont ajout\u00e9 :<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Ang\u00e8le <\/em>: \u00ab Grand-p\u00e8re et Denise doivent \u00eatre tristes. \u00bb<br><em>Am\u00e9lie <\/em>: \u00ab On va f\u00e2cher<strong>*<\/strong> grand-p\u00e8re, mais il est quand m\u00eame gentil. Je veux aller chez grand-p\u00e8re \u00e0 Pau. \u00bb<\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><strong>*<\/strong>dans le langage d\u2019Am\u00e9lie, le mot \u00ab f\u00e2cher \u00bb veut dire \u00ab gronder \u00bb.<br><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:heading -->\n<h2>6- CONCLUSION<\/h2>\n<!-- \/wp:heading -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p>Le soir, de retour \u00e0 Bandol, nous avons partag\u00e9 les deux figues vol\u00e9es \u2013 les meilleures du monde d\u2019un commun accord \u2013 et d\u00e9cid\u00e9 de tirer un trait d\u00e9finitif sur cette journ\u00e9e particuli\u00e8re du Mardi 8 Ao\u00fbt 2000 en \u00e9crivant la pr\u00e9sente chronique.<em><br><\/em><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><em>Laurent STROH , le 02\/09\/2000 <\/em><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->\n\n<!-- wp:paragraph -->\n<p><\/p>\n<!-- \/wp:paragraph -->","_et_gb_content_width":""},"categories":[15],"tags":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v20.5 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Laboure- D\u00e9chire- Soul\u00e8ve<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Laboure- D\u00e9chire- Soul\u00e8ve\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"La Canne. 2000, par Laurent Stroh PREFACE Cette chronique concernant quelques instants de nos vacances de l\u2019\u00e9t\u00e9 2000 en Provence est d\u00e9di\u00e9e tout particuli\u00e8rement \u00e0 Denise, toujours pr\u00e9sente dans nos souvenirs les plus m\u00e9morables et vestale chaleureuse d\u2019un temple familial qui vit encore dans nos c\u0153urs. Pour cette chronique, quelques titres me sont rapidement venus [&hellip;]\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Family Stroh &amp; Co\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2023-12-08T16:44:39+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-04-01T19:12:05+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/stroteam.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/man-1772036_1920.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"1277\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"616\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Laurent\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Laurent\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"9 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/\",\"url\":\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/\",\"name\":\"Laboure- D\u00e9chire- Soul\u00e8ve\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/#website\"},\"datePublished\":\"2023-12-08T16:44:39+00:00\",\"dateModified\":\"2025-04-01T19:12:05+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/#\/schema\/person\/c0528f6d5b2a1775821fa004230d2ccd\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/stroteam.com\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"La Canne.\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/#website\",\"url\":\"https:\/\/stroteam.com\/\",\"name\":\"Family Stroh &amp; Co\",\"description\":\"R\u00e9cits des familles Stroh &amp; Co du Saint Empire Germanique \u00e0 aujourd&#039;hui\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/stroteam.com\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":\"required name=search_term_string\"}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/#\/schema\/person\/c0528f6d5b2a1775821fa004230d2ccd\",\"name\":\"Laurent\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\/\/stroteam.com\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8a495dc2107030945d1e614994bf46a4?s=96&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8a495dc2107030945d1e614994bf46a4?s=96&r=g\",\"caption\":\"Laurent\"},\"url\":\"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/author\/lauteam\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Laboure- D\u00e9chire- Soul\u00e8ve","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"Laboure- D\u00e9chire- Soul\u00e8ve","og_description":"La Canne. 2000, par Laurent Stroh PREFACE Cette chronique concernant quelques instants de nos vacances de l\u2019\u00e9t\u00e9 2000 en Provence est d\u00e9di\u00e9e tout particuli\u00e8rement \u00e0 Denise, toujours pr\u00e9sente dans nos souvenirs les plus m\u00e9morables et vestale chaleureuse d\u2019un temple familial qui vit encore dans nos c\u0153urs. Pour cette chronique, quelques titres me sont rapidement venus [&hellip;]","og_url":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/","og_site_name":"Family Stroh &amp; Co","article_published_time":"2023-12-08T16:44:39+00:00","article_modified_time":"2025-04-01T19:12:05+00:00","og_image":[{"width":1277,"height":616,"url":"https:\/\/stroteam.com\/wp-content\/uploads\/2023\/12\/man-1772036_1920.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Laurent","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"Laurent","Est. reading time":"9 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/","url":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/","name":"Laboure- D\u00e9chire- Soul\u00e8ve","isPartOf":{"@id":"https:\/\/stroteam.com\/#website"},"datePublished":"2023-12-08T16:44:39+00:00","dateModified":"2025-04-01T19:12:05+00:00","author":{"@id":"https:\/\/stroteam.com\/#\/schema\/person\/c0528f6d5b2a1775821fa004230d2ccd"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/2023\/12\/08\/la-canne\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/stroteam.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"La Canne."}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/stroteam.com\/#website","url":"https:\/\/stroteam.com\/","name":"Family Stroh &amp; Co","description":"R\u00e9cits des familles Stroh &amp; Co du Saint Empire Germanique \u00e0 aujourd&#039;hui","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/stroteam.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":"required name=search_term_string"}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/stroteam.com\/#\/schema\/person\/c0528f6d5b2a1775821fa004230d2ccd","name":"Laurent","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/stroteam.com\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8a495dc2107030945d1e614994bf46a4?s=96&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/8a495dc2107030945d1e614994bf46a4?s=96&r=g","caption":"Laurent"},"url":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/author\/lauteam\/"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4006"}],"collection":[{"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4006"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4006\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4176,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4006\/revisions\/4176"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4009"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/stroteam.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}